Introduction : pourquoi tout le monde parle de RSE… sans toujours la comprendre
RSE, ESG, durabilité, impact… Le vocabulaire se multiplie, mais pour beaucoup de dirigeant·e·s, la « Responsabilité Sociétale des Entreprises » reste une notion floue, parfois réduite à un rapport annuel ou à quelques actions de communication « vertes ».
Or, au niveau européen, la RSE est clairement définie comme « la responsabilité des entreprises vis‑à‑vis des effets qu’elles exercent sur la société ». Autrement dit : il ne s’agit plus seulement de limiter ses impacts négatifs, mais bien d’assumer, de piloter et de rendre compte de ces impacts, qu’ils soient environnementaux, sociaux ou de gouvernance.
Avec la montée en puissance du reporting de durabilité (CSRD) et le durcissement de la réglementation environnementale, la RSE est devenue un sujet de conseil stratégique, au même titre que la finance ou l’organisation. C’est particulièrement vrai pour la performance énergétique, qui se trouve désormais au cœur de la crédibilité d’une démarche RSE.
Qu’est‑ce que la RSE, concrètement ?
Une définition claire, mais des applications très diverses
La Commission européenne définit la RSE comme « la responsabilité des entreprises vis‑à‑vis des effets qu’elles exercent sur la société ». Derrière cette formule, deux idées clés :
L’entreprise doit intégrer les enjeux sociaux, environnementaux, éthiques, de droits humains et de consommateurs dans sa stratégie et dans ses opérations, pas seulement dans un rapport.
Cette démarche doit se construire en lien avec les parties prenantes : salariés, clients, fournisseurs, territoires, actionnaires, société civile.
La RSE est donc un mode de management et de décision, pas un département isolé ou un exercice de communication.
ISO 26000 : la boussole internationale
La norme ISO 26000, référence internationale en matière de responsabilité sociétale, décrit la RSE comme la responsabilité d’une organisation vis‑à‑vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et l’environnement, via un comportement éthique et transparent. Elle structure la démarche autour de sept grandes questions :
Gouvernance de l’organisation
Droits humains
Relations et conditions de travail
Environnement
Loyauté des pratiques
Questions relatives aux consommateurs
Communautés et développement local
Cette grille de lecture permet de passer d’une vision « RSE = environnement » à une vision beaucoup plus systémique, qui englobe aussi la gouvernance, le social et la relation au territoire.
Les piliers de la RSE : environnement, social, gouvernance… et performance
Les 3 (ou 4) piliers classiques
Dans la pratique, on parle souvent de trois grands piliers de la RSE :
Pilier environnemental : énergie, émissions de gaz à effet de serre, ressources, déchets, biodiversité…
Pilier social : qualité de vie au travail, conditions de travail, santé‑sécurité, égalité professionnelle, diversité, dialogue social.
Pilier économique / gouvernance : création de valeur durable, transparence, lutte contre la corruption, structure de gouvernance, stratégie à long terme.
De plus en plus d’acteurs isolent d’ailleurs la gouvernance comme un pilier à part entière (on parle alors de « ESG » : Environnement, Social, Gouvernance), pour mieux rappeler que sans une gouvernance solide, aucune démarche RSE ne tient dans la durée.
La matrice de matérialité comme outil de priorisation
Toutes les entreprises ne sont pas confrontées aux mêmes enjeux, ni avec la même intensité. La notion de « double matérialité » introduite par la CSRD impose de regarder à la fois :
L’impact de l’entreprise sur la société et l’environnement (matérialité d’impact).
L’impact de ces enjeux sur la performance financière de l’entreprise (matérialité financière).
C’est cette analyse qui va permettre d’identifier les sujets réellement prioritaires : pour un parc tertiaire, la performance énergétique et le carbone ; pour un industriel, la sécurité et l’énergie ; pour un logisticien, la mobilité et les émissions, etc.
De la démarche volontaire au cadre réglementaire : l’effet CSRD
RSE : d’initiative volontaire à obligation structurante
Pendant longtemps, la RSE a été abordée comme une démarche volontaire, portée par des entreprises pionnières ou engagées. Aujourd’hui, le mouvement s’est inversé : le cadre réglementaire est venu structurer et accélérer les démarches.
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) renforce et élargit les obligations de reporting extra‑financier à un nombre beaucoup plus important d’entreprises.
La France a transposé cette directive par l’ordonnance n° 2023‑1142 et ses décrets, en précisant les règles de contenu, de contrôle et de publication des rapports de durabilité.
Pour les entreprises concernées, la RSE n’est plus un « plus » mais un sujet de conformité, au même titre que la comptabilité ou le droit du travail.
Un socle RSE complété par les réglementations énergétiques
Au‑delà de la CSRD, les entreprises et les collectivités sont soumises à un ensemble de textes qui concrétisent les enjeux RSE sur le terrain, en particulier en matière de performance énergétique :
Décret Tertiaire : trajectoires de réduction des consommations d’énergie finale (-40 %, -50 %, -60 %) pour les bâtiments tertiaires.
Décret BACS : obligations d’équipement en GTB (gestion technique du bâtiment) au‑delà de certains seuils de puissance.
Lois APER et LOM : obligations de solarisation des toitures et parkings, infrastructures de recharge pour véhicules électriques, etc.
Ces textes font le lien direct entre RSE, stratégie climat et décisions d’investissement très concrètes sur le patrimoine et les sites.
RSE et performance énergétique : un levier très concret
L’énergie, pivot du pilier environnemental
Pour la plupart des organisations, l’empreinte énergétique (électricité, gaz, chaleur, carburants) représente une part majeure de l’empreinte carbone globale. Agir sur la performance énergétique permet donc de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, tout en générant des économies de charges.
Concrètement, une politique énergétique alignée avec la RSE, c’est :
Réduire les besoins (sobriété) : surfaces, usages, températures de consigne, horaires, éclairage, etc.
Optimiser les systèmes (efficacité) : GTB, régulation, pilotage, modernisation des équipements.
Décarboner les usages résiduels : énergies renouvelables, chaleur fatale, électrification lorsque pertinent.
Cette approche est au cœur des obligations réglementaires que les formations Universens décryptent (Décret Tertiaire, Décret BACS, Loi APER, etc.).
Un impact direct sur la performance globale
Au‑delà de l’environnement, la performance énergétique agit comme un triple levier :
Économique : réduction des factures, meilleure prévisibilité des coûts, amélioration de la compétitivité.
Risque : moindre exposition à la volatilité des prix de l’énergie, meilleure résilience face aux tensions d’approvisionnement.
Image et attractivité : crédibilité accrue des engagements RSE, capacité à répondre aux attentes des clients, investisseurs et talents.
Intégrer la performance énergétique dans la RSE, c’est donc passer d’une logique de conformité minimale à une logique de création de valeur durable.
Comment structurer une démarche RSE ancrée dans l’énergie ?
1. Partir d’un diagnostic structuré
La première étape consiste à objectiver la situation :
Analyse de matérialité : quels enjeux RSE sont réellement prioritaires pour l’organisation ?
Audits réglementaires et diagnostics énergétiques : niveaux de consommation, usages, potentiel d’économies, conformité aux obligations (Tertiaire, BACS, APER…).
Cartographie des risques et opportunités : financiers, opérationnels, réputationnels.
Cette phase pose les bases d’un reporting de durabilité robuste et d’une trajectoire crédible vis‑à‑vis des parties prenantes.
2. Construire une stratégie et une feuille de route
Sur cette base, il s’agit ensuite de définir :
Des objectifs RSE et énergétiques clairs, chiffrés et datés.
Un portefeuille d’actions priorisées : travaux, pilotage, organisation, achats, formation, gouvernance.
Un plan d’investissement articulé avec l’ingénierie financière disponible (CEE, aides publiques, tiers‑financement, contrats de performance énergétique, etc.).
L’enjeu est de faire converger trajectoire climat, performance énergétique, exigences CSRD et contraintes budgétaires.
3. Outiller le pilotage et le reporting
Enfin, une démarche RSE crédible repose sur un pilotage régulier :
Indicateurs : énergie, émissions, confort, accidents du travail, diversité, etc.
Processus de revue : comités RSE, implication de la direction générale, liens avec les décisions d’investissement.
Reporting : rapport de durabilité aligné sur les normes européennes (ESRS), contrôlé par un tiers indépendant lorsque nécessaire.
La performance énergétique devient alors un chapitre structurant du rapport, et non un simple annexé technique.
L’avis d’Universens : faire de la RSE un moteur de décision énergétique
Universens est un cabinet de conseil et de formation indépendant, spécialisé en performance énergétique, qui accompagne les entreprises et les collectivités dans la maîtrise de leurs enjeux réglementaires et stratégiques. Dans cette perspective, la RSE n’est pas vue comme un « plus » cosmétique, mais comme une véritable grille de lecture pour prioriser les décisions énergétiques et d’investissement.
Universens analyse les trajectoires RSE au prisme de la performance énergétique : quelles actions sur les bâtiments, les sites industriels, les mobilités et les usages permettent réellement de réduire l’empreinte carbone tout en améliorant la performance économique ? Universens préconise des feuilles de route qui combinent audit réglementaire, ingénierie énergétique et ingénierie financière, afin de transformer les contraintes (CSRD, Décret Tertiaire, Décret BACS, Loi APER…) en leviers de performance.
Enfin, Universens forme les équipes (techniques, direction générale, RSE) pour que la compréhension des textes et des enjeux ne reste pas cantonnée à quelques experts, mais irrigue l’ensemble de la gouvernance. Universens accompagne ainsi ses clients dans une démarche RSE où chaque kWh économisé, chaque investissement et chaque indicateur de reporting s’inscrivent dans une stratégie cohérente, lisible et durable.
Points clés à retenir
La RSE, c’est la responsabilité des entreprises vis‑à‑vis des effets qu’elles exercent sur la société, structurée par la norme ISO 26000 autour de sept questions centrales (gouvernance, droits humains, travail, environnement, loyauté des pratiques, consommateurs, communautés).
Le cadre CSRD et les réglementations énergétiques (Tertiaire, BACS, APER, LOM…) font de la RSE un enjeu de conformité, de transparence et de performance, en reliant directement stratégie climat, gouvernance et décisions d’investissement.
La performance énergétique est l’un des leviers les plus concrets de la RSE : bien pilotée et financée, elle réduit l’empreinte carbone, sécurise les coûts, renforce la crédibilité des engagements ESG et devient un véritable moteur de décision pour les directions générales, avec l’accompagnement d’un cabinet expert comme Universens.